Jour 10

 JOUR 10

Le lendemain matin, Adam se dirige à la forge. Il salut l'artisan puis un dialogue s'ensuit : 

" Mon épée est-elle prête ? 

- Tenez, la voici !

Adam est émerveillé. C'est comme si l'épée veneait d'être fabriquée. Elle scintille. Le jeune homme ne parvient pas à cacher son émotion : 

- Qu'elle est belle !

- Belle, et d'une redoutable efficacité. Nombreux sont les guerriers qui aimeraient posséder une lame aussi tranchante. 

- C'est incroyable... Comment l'avez-vous restaurée ? 

- Je l'ai trempé dans des liquides spéciaux.

- Quel résultat extraordinnaire ! Merci beaucoup de votre travail. 

- C'est mon métier, vous savez...

- Combien est-ce que je vous dois ? 

- 50 sous feront l'affaire.

Adam donne l'argent puis dit : 

- Merci encore. 

- Merci de m'avoir donné l'occasion de travaille sur une arme d'aussi belle facture. 

- Au revoir. 

- Au revoir mon garçon. "

Adam contempe à nouveau son épée, la range dans son fourreau puis sort de la forge. Sur le chemin, il en profite pour passer chez l'ébéniste qui lui vend ving-cinq flèches en fer pour 50 sous. Ceci fait, Adam prend la direction du Nord et quitte la ville. 


--> Adam a l'épée d'Osgoth restaurée, un arc, un carquois contenant 25 flèches, un livre sur les créatures, le parchemin d'Hector et une bourse contenant 398 sous. Ses faits d'arme : un troll des campagnes, un gobelin migrateur.

Adam passe le nouveau pont. Après avoir marché une bonne partie de la matinée, une charette le dépasse puis s'arrête. Celle-ci est conduite par un moine. 

" Où allez-vous comme ça, voyageur ? demande le moine. 

- Je vais là où mon Destin m'emmènera, répond Adam. 

- Ce chemin vous mènera jusqu'au château. 

- Soit, j'irai au château.

- A pied, vous en aurez pour deux jours.

- Y-a-t'il une auberge sur la route ?

- Il y en a une effectivement. En vous pressant, vous y parviendrez ce soir. 

- Merci pour le renseignement. Vous allez au château, vous ? 

- Absolument !

- Qu'allez-vous y faire ? 

- J'ai été missionné pour y livrer nos fûts. 

- Vos fûts ? 

- Oui, ceux que vous voyez dans ma charette. 

- Tout ça ? 

- C'est qu'il y a du monde au château... Montez donc, nous discuterons en chemin.

- C'est d'accord. "


Adam prend place aux côté du moine. Il pose son arc et son carquois à l'arrière. Les deux chevaux repartent. 

- Je me rappelle maintenant... C'est vous qui produisez la locale ? demande Adam. 

- Absolument. Nous brassons notre propre bière à partir d'orge et de malt que nous cultivons sur nos sols. 

- J'ai eu l'occasion de la goûter. 

- Elle est très appréciée au château. 

- Vous faites ce trajet régulièrement ? 

- A peu près une fois par semaine.

- Vous ne croisez jamais de gobelin ?

- Oh ! Les gobelins, ils sont de l'autre côté. Dieu merci, nous en sommes épargnés. Quelles hideuses créatures !

- Vous en avez déjà croisé sur la route ? 

- C'est déjà arrivé, notamment l'année dernière. 

- Qu'avez-vous-fait ? 

- Et bien j'ai accéléré le pas... Ah ah ah !

- Vous avez quelque chose pour vous défendre au cas où ? 

- J'ai une arbalette et quelques carreaux. Dieu soit loué, je n'ai jamais eu besoin de m'en servir. 

- On dit que la contrée regorge de monstres de toutes espèces. Est-ce vrai ? 

- Absolument ! Restez toujours sur la route principale quand vous en avez le choix. Et la nuit tombée, assurez-vous de vous trouver dans un endroit clos. "

Les heures défilent. En début d'après-midi, les compagnons dépassent l'auberge. 

" Si tout se passe comme prévu, nous serons au château dans la soirée " , dit le moine. 

Au milieu de l'après-midi, la conversation reprend. Le moine dit : 

" Je ne me lasse pas de faire cette route. Nous avons la chance d'avoir un paysage merveilleux. Qui plus est, il y a peu de dénivelé, ce qui fait que le trajet est des plus agréables. 

- Je ne connaissais pas cet endroit. C'est vrai que c'est joli. 

- Comme vous pouvez le voir, de ce côté se trouve la forêt. Elle s'étend jusqu'au château... Que dis-je ? Elle va même au-delà. 

- Quels genres de créatures peut-on y trouver ? 

- Là-bas, on y trouve des loups, des sangliers, des renards, mais aussi des spectres et parfois des brigands. 

- Des spectres ? 

- De pauvres âmes errantes qui ne retouvent pas leur chemin. 

- D'où proviennent les spectres ?

- A ce qu'on dit, il s'agit de brigands qui n'ont pas trouvé le repos dans la tombe. 

- Ils sont dangereux ? 

- En tout cas, j'éviterais de m'y frotter... Et vous, d'où venez-vous, jeune voyageur ?

- Je viens d'Ipeastre.

- On dit que la quiétude y règne. 

- Les habitants ne se plaignent pas. 

- Avez-vous un prêtre dans votre village ? 

- Nous n'avons pas de prêtre mais nous avons un mage. 

- Un mage dites-vous ? Quelle est sa spécialité ? 

- A vrai dire, je ne sais pas tout. Quand quelqu'un tombe malade, il le soigne.

- Oh ! Un guérisseur... Merveilleux. 

- Vous croyez qu'il sait faire autre chose ? 

- Je ne sais pas. Il faudrait lui demander... Par contre, au château, réside un mage capable de lancer du feu grâce à ses mains. 

- Du feu sortant de ses mains ? 

- Il a fait une démonstration en public l'autre jour. C'était fascinant. 

- Vous croyez que tout le monde peut y arriver ?

- Si tout le monde en était capable, il y aurait davantage de mages que celà. 

- Vous croyez que je pourrais y arriver ? 

- Je ne sais pas... Vous devriez aller le voir. Peut-être acceptera-t-il de vous enseigner son art. "

Les deux compagnons sont sur le point d'arriver quand la nuit commence à tomber. Sur la route se dressent plusieurs individus. Au nombre de trois, ils obligent le moine à arrêter sa charette. 

" Où allez-vous comme ça, Moine ? dit celui du milieu. 

- Nous n'avons pas le temps de bavarder. Pourriez-vous vous mettre sur le coté que l'on puisse passer ? 

L'individu hausse le ton :

- Je vous ai posé une question ! 

- Nous allons au château, dit le moine, apeuré.

Adam ne se sent pas rassuré. Il empoigne machinalement son épée. 

- Si vous voulez passer, il faudra payer, dit l'individu avec hargne. 

- Nous n'avons pas d'argent sur nous. 

- Dans ce cas, vous ne passerez pas !

- Par pitié, ne nous faites pas de mal. 

Le moine joint puis ferme ses mains, ainsi que ses yeux.

- Donnez-nous ce que vous avez ! crie le brigand. 

- On vous a dit que nous n'avions rien ! réagit Adam. 

- Quelle surprise... Un jeune prétentieux. 

- Laissez-nous passer ou par mon arme, je vous jure de vous trancher la carotide. 

L'individu rit aux éclats. Adam descend de la charette. Il sort son épée, prêt à mourir s'il le faut. Il reprend la parole : 

- Que ce jour soit votre dernier si vous ne partez pas de suite. 

Les trois hommes se regroupent puis font face à Adam, épées à la main. 

Adam s'écarte de la charette puis s'écrie : 

" Moine, rentrez au château ! "

- Ne le laissez pas filer, dit l'homme qui semble être leur chef. 

L'un des brigands se remet en travers de la route. Le moine fait claquer ses rennes et les chevaux comprennent le signe du galop. Celui qui se trouve sur le chemin se fait percuter. Profitant de l'aubaine, Adam déclenche une séquence d'attaque réalisée à une vitesse stupéfiante : il assène un coup d'épée qui entaille son adversaire le plus proche du bas vers le haut puis fait un tour complet sur lui-même avant de porter un coup sur le crâne du second par le bout de son épée. Il se dirige ensuite vers le troisième, encore étourdi, et lui tranche la gorge. 

Le moine est déjà loin. Adam se dit que c'est mieux ainsi. Il essuie son épée sur le vêtement de l'un des cadavres puis déplace les trois brigands vers l'extérieur du chemin. Il les fouille. Il trouve 295 sous qu'il range dans sa bourse, puis reprend la direction du château.


--> Adam a l'épée d'Osgoth, un livre sur les créatures, le parchemin d'Hector et une bourse contenant 693 sous. Ses faits d'arme : un troll des campagnes, un gobelin migrateur, trois brigands.

Adam a repris la route. Il réalise ce qu'il vient de faire. Il est assailli d'idées contradictoires. D'un côté, il a assuré la sécurité d'innocents, et de l'autre, il a ôté la vie d'êtres humains, aussi méprisables qu'ils pouvaient être. 
Il avait déjà connu cette sensation lorsqu'il avait fendu son premier troll. Il se répétait alors qu'il ne s'agissait que d'un monstre. Le gobelin, lui, ressemblait davantage à un humain : une bête des plus horribles se tenant sur deux pattes. Là, pour contrecarrer son malaise, il s'était dit qu'il avait sauvé son compagnon de route. 
La nuit est arrivée. Au loin, les lumières du château apparaissent. Adam avance d'un pas sûr, tout en restant à l'écoute du moindre bruit suspect. Depuis la forêt, il entend les hurlements d'un loup et les hululements d'une chouette. Une heure plus tard, le voilà à la porte du château. 
Le pont levis est relevé. Des douves encerclent l'édifice. Adam n'est pas seul. D'autres personnes se retrouvent, également, à attendre l'ouverture qui se fera au matin. Se trouvent quelques charettes provenant d'horizons différents. A priori, le moine qui l'accompagnait à réussi à entrer à temps. 
Adam se trouve sur une place aménagée pour les visiteurs qui se trouveraient à l'extérieur de la forteresse. Ici, certains dorment déjà, sur des matelas de fortune faits de paille. Adam constate aussi que les animaux de trait ont été délestés de leurs liens puis emmenés dans un enclos par leurs propriétaires : certains sont allongés, sur le ventre ou sur le côté, d'autres broutent. 
Adam, fatigué, s'asseoit au pied d'un arbre puis somnole. La lune éclaire les lieux. Sur des petites tours en bois, des hommes toisent l'endroit. Certains veillent sur la place, d'autres sur les animaux. 
Une charette se gare près d'Adam, ce qui le réveille. Le conducteur descend puis dit : 
" Désolé de vous avoir réveillé. 
- Ce n'est pas grave, répond le jeune homme. 
- Je me suis pressé mais il faut croire que celà n'a pas suffit. 
Adam en rit puis répond :
- Vous pouvez emmener votre cheval là-bas. 
Adam désigne la direction d'un signe de la tête. 
- Oh, répond le voyageur. Merci. 
Ce dernier détache son animal et le guide vers l'enclos. Il revient quelques minutes plus tard, ce qui ne manque pas de réveiller Adam à nouveau. Le visiteur chuchotte en allongeant ses pas : 
- Pardon...
- Il n'y a pas de mal. J'ai le sommeil léger en ce moment... "

Le nouvel arrivant se dirige à l'arrière de sa charette, relève une partie de la toile qui recouvre son chargement puis en sort quelque chose qui ressemble à un grand collier de perles ; ces dernières ont la forme et la taille d'un oeuf. Il prend un couteau et sectionne le fil de manière à ne conserver que quatre perles. Il coupe à nouveau le fil par le milieu et tend l'une des moitiés à Adam.
" Ca sent bon, dit-il en ouvrant les yeux.
- Tenez !
- Qu'est-ce que c'est ? 
- De la viande séchée. "

Cela tombe à pic. Adam n'avait pas dîné. Il prend la nourriture en remerciant son bienfaiteur puis croque un morceau. 
" C'est un peu élastique, non ? dit-il à son voisin. 
Ce dernier esquisse un sourire puis dit : 
- Il faut retirer l'enveloppe extérieure. 
Adam comprend et cela le fait rire. Il retire la peau entourant la viande, croque à nouveau puis dit : 
- C'est très bon ! D'où est-ce que vous venez ?
- Je viens de faire un long voyage qui m'a mené jusqu'ici. 
- Qu'êtes-vous venu y faire ? 
- Pour vendre ce que j'ai ramené de loin. 
- Vous êtes marchand ? 
- C'est juste !
- Je pense que vous n'aurez pas de mal à vendre votre viande séchée.
- Oh, mais je n'ai pas que ça. 
- Qu'avez-vous d'autre ? 
- Que des choses qu'on trouve rarement dans le coin.
- Quoi par exemple ? 
- Des légumes, des cérales, des récipients, des pierres de différentes couleur...  J'ai aussi ramené des boîtes à feu, des sortes de parchemins très fins aussi...
- Je voudrais bien voir ça. 
- Je vous montrerai tout ça au marché. Et vous, pourquoi êtes-vous ici ? 
- Ah moi ? Je visite le monde qui m'entoure. 
- On n'est pas si différents alors... "
Adam sourit puis s'endort. 

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