JOUR 12
Le lendemain, Adam se lève aux aurores. Il a encore à l'esprit, le magnifique spectacle de la veille. Il se prépare et va au donjon. Aux gardes, il s'annonce comme l'invité du mage. On lui ouvre la porte. L'intérieur est vaste et très bien décoré. Des tentures, des drapeaux et des armes sont accrochées aux murs. Certaines parties du sol sont recouvertent de tapis. Tout au fond trône une chair, probablement celle du roi local. Le centre de la salle accueille une grande table entourée de chaises. Plusieurs ouvertures sur les côtés décrivent les entrées de pièces aux différentes fonctions.
" Bonjour, quelle est la raison de votre présence ? lui demande l'intendante qui se trouvait dans la pièce.
- Je dois rencontrer le mage.
- Le mage ? Quel drôle de personnage. Vous le trouverez dans son établi qui se trouve derrière cette porte. "
Adam remercie la dame et ouvre la porte qu'on lui a désigné.
A l'intérieur, Adam voit une table où y sont posés ou étalés différents parchemins, objets et livres. Dans la pièce se dresse entre-autre une biblithèque. La pièce est éclairée et l'atmosphère est chatoyante. Adam regarde et regarde, mais point de mage à portée de vue. Il se dit : " Ce n'est pas le moment de jouer aux devinettes, j'ai un rendez-vous de la plus haute importance juste après. "
Sur l'un des côtés de la salle, un gros bloc de pierre formant le sol, se met à prendre de la hauteur puis à glisser. Une ouverture se forme. Il entend une voix : c'est le mage qui lui demande de descendre. Adam s'approche du trou et constate qu'il y a un escalier. Il l'emprunte.
Le sous-sol est lugubre. Il y fait froid. Le mage l'attendait. Il le salue puis demande à Adam de le suivre. C'est un tunnel qui le mène dans un repère secret. Une fois dans la pièce éclairée par des torches, Adam constate qu'il s'y trouvent d'autres objets tels qu'une table, un chaudron, des tubes et autres fioles en verre, un alambic, des tonneaux, des ustensiles divers, un four également.
Adam prend place sur une chaise, le mage fait de même.
"Avez-vous bien dormi ? demande le vieil homme.
- Ca fait longtemps que je n'avais pas aussi bien dormi.
- Tant mieux. Vous savez, on fait beaucoup pour améliorer le confort des sujets et des visiteurs.
- Oui, j'avais remarqué.
- Je voulais vous voir à propos d'hier.
- C'était réussi.
- Je me dois de l'avouer de même.
- Vous vouliez me voir à quel propos ?
- Où avez-vous appris ?
- Appris quoi ?
- Ce que d'autres mettent toute une vie à développer.
- Je ne vois pas de quoi vous parlez.
- Certains, même, meurent sans avoir pu atteindre le dixième de vos talents.
- De quel talent parlez-vous ?
- Hier, je n'attendais pas de vous que vous projetiez votre magie. Vous étiez censé me laisser faire.
- Pardon mais je ne comprends pas.
- Vraiment ?
- Si je vous le dis.
- C'est tout simplement fascinant...
- Que devait-il se passer ?
- Une boule de feu se devait d'apparaître et de rejoindre la mèche de la bougie.
- Ce n'est pas ce qui s'est passé ?
- A mon grand étonnement, votre feu a atteint sa cible sans se dévoiler.
- Ce qui signifie ?
- Que non seulement vous êtes en capacité de lancer des sorts, mais qui plus est, ceux-ci sont d'un raffinement absolu.
- Et c'est rare ?
- J'ai plus de cent ans et je n'ai jamais rien vu de semblable.
- Vous avez plus de cent ans ?
- Là n'est pas la question.
- Pardon. Je vous écoute.
- D'habitude, les magiciens font apparaître leur sort depuis leur intérieur et le projette sur leur cible. Or vous, vous créez directement le sort à l'intérieur de votre cible. C'est en celà que c'est étonnant.
- Je ne savais pas.
- Maintenant vous savez.
- Et que puis-je faire avec la magie ?
- Pouvez-vous reproduire ce que vous avez fait ?
- Je peux essayer.
- Vous voyez le chaudron là-bas ?
- Oui.
- Dessous se trouvent des morceaux de bois. Je voudrais que vous les allumiez.
- Je vais essayer.
Adam se concentre. Le bois prend feu.
- Absolument sensationnel ! s'exclame le mage. Que faites-vous dans la vie jeune homme ?
- Et bien... Heu... Comment dire... Je viens de m'engager avec la garde du château.
- La garde ? Mais que comptez-vous faire avec eux ?
- On m'a dit que le royaume était en guerre alors je décidé de servir comme protecteur.
- Oh ! Je vois. Il est vrai que les relations avec notre voisin du sud ne sont réjouissantes, malheureusement.
- D'ailleurs, je dois y aller.
- D'accord... mais juste ue question...
- Oui ?
- Comment vous nommez-vous ?
- Je m'appelle Adam.
- Adam, ne prenez pas de risque inutile. .
- Je ferai de mon mieux. Je vous remercie de votre accueil.
- Merci à vous Adam. "
Adam quitte la sombre pièce, remonte puis sort du donjon. Il se dirige maintenant vers la tour des gardes.
--> Adam a l'épée d'Osgoth, un arc et un carquois avec 25 flèches en fer, 6 flèches en acier, un livre sur les créatures, le parchemin d'Hector, une feuille de papier, un flacon d'encre, une calame, 10 morceaux de viande séchée, une gourde remplie d'eau, ainsi qu'une bourse contenant 493 sous. Ses faits d'arme : un troll des campagnes, un gobelin migrateur, trois brigands.
Adam parvient au pied de la tour. Deux gardes s'y trouvent. Le jeune homme se présente puis on lui demande de monter. Le capitaine l'accueille puis lui fait visiter les lieux, dont le dortoir et la cantine.
Dans la continuité, le capitaine lui demande de l'accompagner à l'armurerie. Celui-ci se trouve au premier étage du donjon. Ils y vont. Sur place, on lui propose différents types d'armes mais voyant ce dont dispose Adam, il l'autorise à les conserver.
Cependant, le capitaine n'est pas convaincu par la tenue que porte Adam. En effet, celle-ci se compose de vêtements de tissus et de chaussures usées. Il dit aussi : " Votre nouvel attirail sera retenu sur votre solde. Choisissez parmi les armures qui sont disposées au fond de la salle et revenez me voir. "
Adam passe en revue les choix qui lui sont proposés. Ces armures permettent toutes de se protéger efficacement. Elles servent à se protéger la tête, les épaules, le tronc, les bras, les mains, les jambes et les pieds. Après mûre réflexion, Adam opte pour une armure en cuir, de celle que portait Hector. Cependant, il n'a pas de casque.
Il revient vers le capitaine. Ce dernier ouvre un livre et vérifie les prix : "Ton armure te revient à 290 sous, et ce n'est pas négociable. Ca peut te paraître un peu cher mais ne t'en fait pas, ça sera vite rentabilisé."
Adam avance l'argent et va se changer dans une pièce annexe. Ceci étant fait, les deux hommes se dirigent vers les écuries. Sur le chemin, le capitaine lui annonce que les troupes du roi sont dispersées un peu partout dans la région au sein de tours de gardes similaires à celle du château. Il dit aussi que la majorité des soldats se trouvent au camp de Jincheu, à quelques lieux au nord du château.
Il est convenu que, pour son premier jour, Adam reste avec le capitaine. Ils entrent dans l'écurie et le jeune homme se voit confié un cheval. Il y monte et les deux sortes de l'enceinte.
" Où va-t-on ? demande Adam.
- On va rejoindre des soldats partis patrouiller. "
Les deux hommes suivent la route principale puis prennent à droite.
" Cette route mène à une ville portuaire, dit le capitaine.
- Et c'est loin ?
- A trois jours d'ici. "
Les cavaliers continuent leur route. Sur le bord du chemin, des marais, des arbres et un lac forment le paysage du coin.
" Pourquoi patrouille-t-on ici ? demande Adam.
- On nous a signalé l'apparition de monstres dans le coin.
- Des gobelins ?
- Non, des harpis.
- Des harpis ? C'est quoi ?
- Des créatures volantes.
- Vous permettez qu'on fasse une pause ?
- Pourquoi faire ?
- J'ai un livre sur les créatures, je voudrais me renseigner.
- Si tu veux. "
Adam descend de son cheval puis sort son livre. Il cherche la page sur les harpis puis la trouve.
" Vous voulez voir ? demande Adam au capitaine.
- J'en ai déjà vu... mais refait voir... ah oui, c'est bien ça... Il a l'air sympa ton livre, il m'en faudrait un comme le tien.
- C'est horrible ! Comment est-ce que la nature a pû créer cette chose !
- C'est vrai qu'il y a de quoi se poser des questions.
- Je vous le lis ?
- Je t'écoute.
- On dit que les harpis ne dorment jamais. Capables aussi bien de marcher que de voler, elles signalent leur présence par des cris similaires à ceux de nos corbeaux. Elle peuvent être de couleur noire, marron ou jaune. Généralement, elles se déplacent par groupe de deux ou trois individus. Si vous n'en voyez qu'une, cela signifie que ses congénères ne se trouvent pas très loin.
- C'est intéressant. Continue...
- A l'approche d'un danger, elles peuvent émettre un cri des plus stridents, ce qui peut avoir comme conséquence de destabiliser leurs poursuivants, ou bien leurs proies ! Les harpies ont une apparence très singulière : vous ne pouvez pas les confondre avec une autre créature. Elles ont le visage d'une terrible sorcière, et le corps d'un oiseau. Leurs pattes sont énormes et leurs griffes très coupantes. Certaines sont pourvues d'un bec aussi long qu'une main d'homme.
- Ca c'est vrai.
- Certaines peuvent arborer de toutes petites cornes au-dessus de leur tête. Si une harpie passe au dessus de vous, restez sur vos gardes. Elles peuvent faire mine de survoler les lieux paisiblement et de vous attaquer au moindre relâchement. Elles se nourrissent aussi bien de petits animaux innocents que de cadavres de toutes sortes. Parfois, on peut les apercevoir voler en piqué pour attraper un poisson qui se trouverait trop près de la surface.
- Tu pourras me prêter ton livre ?
- Je ne sais pas. Si vous voulez. Je continue ?
- Désolé.
- La présence de harpies dans une zone signifie généralement qu'il se trouvent des cadavres quelque part. Si vous devez combattre cette créature, veillez à vous boucher les oreilles, par exemple avec des morceaux de tissus. Dotées d'une peau assez tendre, et plutôt lentes lors d'un vol classique, vous pouvez les atteindre sans grande difficulté si vous êtes bon archer. Puisqu'elles n'hésitent pas à s'envoler au moindre soupçon, il est difficile de les toucher avec une lame. Encore une fois, restez sur vos gardes : juste avant l'édition de ce livre, on nous a signalé que des harpies n'hésitaient plus à s'attaquer à des adultes bien portant pour les dévorer !
- Bon ! Et bien, redoublons de vigilence.
- C'est clair !
- Allez, on est reparti. "
Adam remonte sur son cheval et l'expédition continue.
--> Adam a une armure en cuir, l'épée d'Osgoth, un arc et un carquois avec 25 flèches en fer, 6 flèches en acier, un livre sur les créatures, le parchemin d'Hector, une feuille de papier, un flacon d'encre, une calame, 10 morceaux de viande séchée, une gourde remplie d'eau, ainsi qu'une bourse contenant 203 sous. Ses faits d'arme : un troll des campagnes, un gobelin migrateur, trois brigands.
Adam et le capitaine continuent leur route, à la recherche des patrouilleurs. Des bruits se font entendre dans le ciel. Ce sont les harpies, au nombre de trois. Elles suivent les cavaliers. Ceux-ci accélèrent le pas ; et les harpies battent leurs ailes de plus en plus rapidement.
Elles poussent leurs cris simultanément. Ils sont si stridents que les chevaux, appeurés, ne répondent plus aux ordres de leurs conducteurs. Ils se dirigent dans les marais. Le sol y est lourd ; les chevaux avancent plus lentement.
L'une des harpies fonce sur Adam et plante ses griffes larges et accérées dans l'arrière-train de son cheval. L'animal s'écroule, ce qui fait tomber le jeune cavalier. Adam parvient toutefois à se relever. De son côté, le capitaine n'a pas vu la scène et distancie son équpier.
La harpie se pose à une dizaine de pas d'Adam. De nouveau, elle pousse un cri des plus aigis. La confusion s'empare du jeune homme. Le monstre volant s'avance lentement vers lui. Tant bien que mal, Adam se saisit de son arc. Il décoche une flèche mais rate sa cible. Il recommence mais le projectile ne fait qu'effleurer le volatile. Adam continue mais sa nouvelle flèche tombe juste devant la harpie.
Adam n'y parvient pas. A-t-il tout juste le temps de se saisir de son épée qu'il commence à la brandir sous le bec de celle-ci. La harpie recule. L'homme fait un pas vers la bête, qui recule à nouveau avant de s'envoler.
Elle a rejoint ses congénères qui tournoient déjà au-dessus d'Adam. Ce dernier n'a pas totalement repris ses esprits mais se rappelle toutefois qu'il lui faut protéger son ouïe. Alors, sur une idée sortie de nulle part, il retire l'un de ses gants, puis prend de la terre humide qu'il place dans le creux de ses oreilles.
Genoux encore au sol, Adam ne se rend pas compte qu'une harpie fonce sur lui en piqué. Il relève la tête et son seul réflexe est de se cacher le visage avec les bras. Au moment où il pense qu'il va être touché, il entend la harpie gémir. En ouvrant les yeux, il constate que celle-ci s'est écroulée, une flèche plantée dans le gosier.
Adam n'a pas le temps de réfléchir sur le miracle qui vient de se produire. Il se saisit à nouveau de son arc et tente de toucher les harpies restantes qui le survolent. Il tire, mais rate son tir. Il tire encore mais rate encore. Adam ne se décourage pas. Il recommence, à plusieurs reprises, mais ses flèches n'atteignent pas leurs cibles.
Le capitaine, qui s'est enfin aperçu qu'Adam ne le suivait plus, revient au galop afin de secourir sa nouvelle recrue. Tenant d'une main son épée, il parvient enfin à ses côtés. Il donne des coups en l'air, afin de protéger Adam des assauts des monstres.
Les harpies continuent de danser dans les airs. L'une d'elle se décide à attaquer le capitaine. Elle fonce sur lui tout en poussant son cri des plus déconcertants. Ses griffes sont sur le point de faire tomber le capitaine de son cheval qu'Adam décoche une flèche qui vient se planter sur le buste du monstre.
La harpie restante pousse un cri et s'éloigne. Les deux hommes reprennent leurs esprits, puis, ils constatent que le cheval d'Adam a succombé à ses blessures. Ils reprennent le cours de leur chemin à travers les marais.
Au loin, ils aperçoivent un cheval errant. Ils s'en approchent. Le capitaine le reconnait : c'est celui de l'un de ses patrouilleurs. Adam le prend. A quelques pas d'ici, un ravin se dessine. Un individu en armure est allongé en contre-bas. Les survivants trouvent un passage pour rejoindre le soldat. Le capitaine le reconnait : il s'agit du possesseur du cheval.
A l'évidence, celui-ci a été éjecté de sa monture et a fini ici dans le cadre d'une course-poursuite avec ces maudites bestioles. En observant les alentours, le capitaine aperçoit des traces sur le sol, ce sont des empreintes de sabots ferrés. Ils décident de les suivre.
Celles-ci mènent à une petite cabane isolée. Par la même occasion, ils trouvent l'autre cheval. Celui-ci est en train de brouter l'herbe. Adam se dirige vers lui pour le ramener. Mais au moment où il en prend les rennes, celui-ci s'affole. Il lève les yeux et se rend compte que la harpie restante vole à toute vitesse vers lui.
Surpris mais sûr de son coup, Adam fixe la bête : cette dernière prend feu et s'échoue à terre. Le capitaine est sidéré par le spectacle auquel il vient d'assister : "Qui est cet homme capable de telles prouesses ?", se dit-il dans son fort intérieur.
Adam ramène le cheval errant et l'attache sur l'un des poteaux de la cabane. Il fait de même avec le sien, et le capitaine aussi. Puis ils entrent par la porte du cabanon en bois.
A l'intérieur se trouve une jeune femme en armure. En voyant le capitaine et Adam, elle éclate en sanglot. Le chef prend la parole :
" Soldat, ressaisissez-vous ! Que s'est-il passé ?
- Chef Urger ! Dekt... Dekt est mort...
- Je suis désolé soldat, ce sont les risques du métier. Racontez-nous ce qu'il s'est passé.
- Nous étions sur la voie principale quand on a aperçu ces choses volantes au-dessus des marais.
- Ensuite ?
- Dekt a voulu les approcher et on est entré dans la zone. Ces choses se sont dirigées vers nous et nos chevaux ont pris peur.
- Vous avez entendu des cris ?
- Oui ! des cris épouvantables ! J'avais l'impression que ma tête se compressait.
- Et que s'est-il passé ensuite ?
- J'ai vu le cheval de Dekt chevaucher vers le ravin. J'ai essayé de l'avertir mais il ne paraissait pas en mesure de contrôler sa monture. Cette dernière s'est brusquement arrêtée et Dekt...
- S'est envolé, tête en avant. C'est bien ça ?
- Oui...
- Et qu'avez-vous fait ensuite ?
- J'ai fui aussi loin que je pouvais.
- Mais vous êtes revenue sur les lieux ?
- Oui, j'ai attendu un peu puis je suis revenu voir Dekt.
- Il était encore conscient quand vous l'avez vu ?
- Non.
- Et pourquoi n'êtes-vous pas rentré tout de suite à la base ?
- J'ai entendu les oiseaux revenir alors j'ai fui de nouveau dans la direction opposée. J'ai trouvé cette cabane et je m'y suis confinée.
- Vous avez bien fait, soldat.
- Et vous, vous n'avez pas croisé ces bêtes en arrivant ?
- Nous nous en sommes chargées.
- Vous les avez toutes eues ?
- Je crois que l'on peut remercier Adam, votre nouveau coéquipier. "
Adam est gêné mais ravi d'avoir rendu service. Il sort sa gourde, la propose à ses compagnons puis se sert. Ensuite, il dit :
" Ca ne vous dérange pas qu'on fasse une petite pause avant de repartir ?
- Si tu veux, répond le capitaine.
- Vous vous nommez Urger ?
- Appelez-moi chef.
- Chef, vous croyez que ça se mange de la harpie ?
- Moi, je n'y toucherai pas, répond la femme.
- Je ne sais pas si ça se mange mais ça sent bon, dit le capitaine.
Ce dernier ouvre la porte, sort de la baraque, revient quelques minutes plus tard puis dit :
- Après réflexion, ça ne me dit rien non plus. "
Adam se met à rire. Il prend alors des perles de viande séchée de son sac et chacun en mange deux. La pause est terminée, les compagnons repartent.
--> Adam a une armure en cuir, l'épée d'Osgoth, un arc et un carquois avec 9 flèches en fer, 6 flèches en acier, un livre sur les créatures, le parchemin d'Hector, une feuille de papier, un flacon d'encre, une calame, 4 morceaux de viande séchée, une gourde vide, ainsi qu'une bourse contenant 203 sous. Ses faits d'arme : un troll des campagnes, un gobelin migrateur, trois brigands, 2 harpies des marécages.
Les coéquipiers détachent leurs chevaux. Ce faisant, Adam dit au capitaine :
" Merci !
- Pourquoi ?
- Pour m'avoir sauvé la vie.
- C'est plutôt à moi de te remercier.
Adam sourit.
- A propos, dit Urger.
- Oui ?
- Tu as de la terre dans les oreilles...
- Ah ah ah. J'avais oublié que je m'en étais mis.
- Et c'est efficace ?
- Moyen... mais c'est toujours mieux que rien.
Adam retire la terre qu'il a dans les oreilles puis dit :
- Il faudrait qu'on s'arrête à un point d'eau.
- Un peu plus loin, il y a un lac. On peut y aller.
- Si ce n'est pas trop demander...
- Non, ça va.
- Merci. "
L'équipe se dirige vers le lac, sur la route du port. La femme prend la parole :
" Et Dekt, on ne peut pas le laisser comme ça !
- Tu as raison, dit le capitaine.
- Pardonnez-moi mais comment vous appelez-vous ? demande Adam à la femme.
- Fortuna.
- Dites-moi, Fortuna, quand vous avez-vu les harpies, elles survolaient quelle zone ?
- Quand on les a repérées, elles volaient au-dessus du bosquet, juste à côté.
- Il faudrait qu'on aille voir, dit Adam.
- Pourquoi ? demande Fortuna ?
- Parce que les harpies ne sont jamais là par hasard. Il doit y avoir quelque chose dans le coin.
- Bonne idéee, dit le capitaine. Ne trainons pas au lac et allons-voir ce que nous pouvons trouver dans le bosquet.
- Et pour Dekt ? rappelle Fortuna.
- Rentre au château, préviens le prêtre et revenez avec une charette, dit Urger.
- C'est compris, dit Fortuna, rassurée.
Fortuna repart à la base tandis qu'Adam et le capitaine se dirigent au lac. Ce dernier est plutôt grand. Il fait beau. Les rayons du soleil font miroiter des petits cristaux d'or à sa surface. Adam rempli sa gourde puis retire la terre qu'il a dans les oreilles. Il se lave ensuite les mains et le visage.
Derrière le lac, une créature des plus gracieuses est en train de totter.
" Ce n'est pas un cheval ça, dit Adam. Qu'est-ce que c'est ?
- On dirait qu'on a de la chance.
- Vous voulez dire que c'est rare ?
- Il paraît que ça porte chance.
- Je peux jeter un oeil sur mon livre ?
- Vas-y.
- Comment ça s'appelle ?
- Je ne me rappelle plus.
Adam tourne les pages et s'arrête sur l'illustration qui correspond à la créature qu'il voit.
- Ca s'appelle une licorne, dit l'aventurier.
- Ah oui, c'est juste.
- Vous voulez que je vous lise ce qu'il y a de marqué ?
- On n'a pas le temps, Adam.
- Je regarde juste une minute.
Adam lit en diagonale tout en disant :
- On trouve les licornes surtout sur le continent... D'accord... Il en existe de différentes couleurs... très bien... Ah, tient... Il existerait des élevages de licorne...
- C'est bon, tu as fini ?
- Juste un instant... c'est intéressant ça...
- Quoi donc ?
- Certaines ont même des ailes.
- Comme celui-là.
- Ah oui...
- Allez, on est reparti ? "
Adam range son livre et les deux hommes continuent leur chemin.
Ils pénètrent dans le bosquet après avoir attachés leurs chevaux. Ils s'y engouffrent tout en restant sur leurs gardes. Ils balaient la zone des yeux et des oreilles. Soudain, un bruit se fait entendre. C'est le son d'un cor. Les deux hommes se dirigent vers l'endroit d'où provient le son.
Ils découvrent deux hommes au sol, tout ensanglantés, et attachés dos à dos par une chaîne aux poignets. Autour d'eux, plusieurs loups les reniflent. Le cor retentit à nouveau : c'est un tout petit objet relié au collier de l'un des survivants. Les loups reculent.
Le capitaine prend une grosse branche qu'il trouve sur le sol puis dit :
" Adam, enflamme le bout de ce bois.
- On devrait y aller à l'épée, vous ne croyez pas ? réagit Adam.
- S'ils avaient voulu le manger, ils l'auraient fait depuis longtemps. Fais ce que je te dis. "
Adam se concentre. Le bois prend feu à son extrémité. Il trouve une autre branche et fait de même. Les deux hommes brandissent leurs torches de fortune devant les loups, qui finissent par s'éclipser.
Ceci étant fait, les coéquipiers s'approchent des deux hommes à terre. L'un d'eux a déjà trépassé. A l'autre, le capitaine dit :
" D'où venez-vous ?
- ... de Tchaïdeniz.
Le blessé s'exprime avec beaucoup de peine. Adam lui donne de l'eau.
- Ma jambe...
Le blessé semble s'en aller. Le capitaine constate avec stupéfaction que la jambe de l'homme est en lambaux.
- Qui vous a fait ça ? lui demande le capitaine.
- Les hommes de ...
- Les hommes de qui ?
- Le maire...
- Le maire... Le maire de Tchaïdeniz ?
L'homme fait un battement de paupières. Le capitaine se tourne vers Adam :
- Tu peux faire quelque chose ?
- Que voulez-vous que je fasse ?
- Je ne sais pas moi ! C'est toi l'expert en magie... On doit savoir ce qui s'est passé !
Adam s'avance vers le blessé. Il pose sa main sur son front et se concentre. Soudain, le blessé bascule en avant.
- C'est ça ! s'écrie le capitaine. Bien joué !
Le blessé reprend vie. Il regarde sa jambe : elle est guérie.
- Comment avez-vous fait ? demande-t-il à Adam.
- Je ne saurai vous dire...
L'homme tourne la tête puis s'adresse à son compagnon :
- Evan... Evan !
- Je suis désolé, votre ami n'est plus de ce monde, dit le capitaine.
- Des malades ! s'écrie le survivant. Ils étaient une dizaine... Nous chevauchions en direction du château et ils nous ont coupé la route. On n'a rien pu faire ! Ils nous ont amené jusqu'ici et nous ont battu. Je dois repartir. Détachez-moi, je vous en prie !
- Que voulez-vous faire au château ?
- Je dois avertir le roi.
- Qui vous envoie ?
- Je suis messager pour le compte du capitaine de la garde. Le maire ourdi un complot contre le roi. On doit faire vite !
Le capitaine prend son épée puis ajoute :
- Je suis désolé, il n'y a pas d'autre choix. "
L'homme est libéré. Il dit se nommer Kamon. Tous les trois repartent en direction des chevaux. Ils les détachent. Le capitaine aide le survivant à monter sur son cheval puis lui dit : "Tenez-vous bien à la selle, Kamon." Ils rentrent au château. Sur le chemin, ils croisent Fortuna conduisant une charette, et accompagnée d'un autre garde.
--> Adam a une armure en cuir, l'épée d'Osgoth, un arc et un carquois avec 9 flèches en fer, 6 flèches en acier, un livre sur les créatures, le parchemin d'Hector, une feuille de papier, un flacon d'encre, une calame, 4 morceaux de viande séchée, une gourde à moitié remplie, ainsi qu'une bourse contenant 203 sous. Ses faits d'arme : un troll des campagnes, un gobelin migrateur, trois brigands, 2 harpies des marécages.
Arrivés au château, les hommes commencent par rejoindre la forge. Le capitaine demande au responsable des lieux de libérer le survivant des chaînes qui l'entravent. Celui-ci se munie de tenailles et s'affaire à sa tâche. Ceci fait, les trois hommes se dirigent ensuite au donjon et demandent une audiance auprès du roi.
Le souverain descend de ses appartements et s'asseoit sur sa chair. Le capitaine prend la parole :
" Votre grandeur, nous avons trouvé cet homme dans le bosquet, sur la route de Tchaïdeniz. Il était attaché et très mal en point. Il dit qu'il a un message urgent pour vous.
Se tournant vers le survivant, le roi Qualrain s'exclame :
- L'homme que vous me présentez ne semble pourtant pas avoir été maltraité...
- Il avait les os brisés et le visage tuméfié. C'est le mage de notre compagnie qui l'a soigné, ajoute Urger.
- Et depuis quand votre compagnie dispose-t-elle d'un mage ?
Désignant Adam, le capitaine répond :
- Nous avons recruté le jeune homme que voici ce matin même. J'ignorais qu'il avait ces compétences. C'est grâce à lui si je suis toujours en vie ; et c'est grâce à lui si ce messager l'est aussi.
Le seigneur regarde Adam puis dit :
- Vous êtes donc mage...
- Mage est un grand mot, votre excellence. Je ne le savais pas non plus quand j'ai accepté de rejoindre vos rangs, assure Adam.
Le seigneur se tourne vers le survivant :
- Maintenant que les présentations sont faites, je vous écoute.
- C'est le capitaine de la garde de Tchaïdeniz qui m'envoie. Il m'a dit de vous prévenir que des jomis sont sur le point débarquer et arriver ici depuis le flanc ouest.
- Des jomis ?
- Ils arrivent par bâteau.
- Ah ah ah ! Des jomis sur des bateaux, on aura tout entendu.
- C'est Melios, le roi du Sud qui les envoie.
- Pardon ?
- Le maire de Tchaïdeniz complote contre vous, votre excellence.
- Le traître !
- Je devais arriver plus tôt mais on a été arrêtés sur le chemin.
- Qui sont ceux qui s'en sont pris à vous ?
- Je ne sais pas. Ils étaient sur la route et nous ont empêché de passer.
- Quand est-il prévu que les jomis débarquent ?
- Ils devaient arriver ce matin.
Adam sort son livre de son sac. Il ouvre une page et se met à lire en silence. Cette attitude interpelle le roi Qualrain qui lui demande :
- Que lisez-vous ?
- Je regarde ce qu'on dit sur les jomis, répond Adam.
- Est qu'en dit-on ?
Adam tourne son livre pour que chacun puisse voir puis dit :
- Voilà ce à quoi ressemble un jomi !
- On dirait des humains, dit Urger.
- Des géants... ajoute le roi. Veuillez continuer, Adam.
- Les jomis sont de gigantesques créatures. On peut les trouver dans la partie sud de l'île. Ils vivent dans des souterrains et passent la plupart de leur temps à creuser. Ils se nourrissent essentiellement de terre mais peuvent aussi se satisfaire de branchages et autres végétaux. Les jomis ont une aversion particulière pour l'espèce humaine. Quand ils en voient, ils n'hésitent pas à essayer de les écraser, aussi bien du pied que du poing.
- Combien y-en aura-t-il, demande Qualrain au messager ?
- Le capitaine de Tchaïdeniz a dit que quatre ou cinq transporteurs allaient débarquer.
- Quatre, six, huit, dix, qui sait... Le traître ! Il compte se servir des jomis pour terroriser la population ! Continuez, je vous prie.
- Les jomis ne sont pas très rapides mais leurs gigantesques foulées leurs permettent de parcourir des distances quatre fois plus vite qu'un humain. En courant, il s'avère qu'ils sont peu endurants.
- Comment comptent-ils se servir des jomis ? demande Urger.
- Je pense qu'ils vont les lâcher aussi près que possible du château, dit Qualrain.
- Et comment les emmèneraient-ils jusqu'ici ? demande Adam.
- Peut-être les tracteront-ils... ajoute Urger.
- Si c'est ainsi, c'est qu'il y aura aussi des soldats pour les escorter, dit le roi.
- Dix... vingt soldats par jomi... je pense qu'il peut y avoir une centaine de soldats au total, annonce Urger.
- Ils ne veulent pas seulement effrayer les habitants... Ils veulent aussi faire un maximum de dégâts ! s'agasse Qualrain. Quel sournois ! Quelle abjection ! Quel scélérat ! répète-t-il. Continuez donc...
- Si vous êtes forgeron, sachez que les os de jomi peuvent servir à des fabrications d'excellente facture. Si vous êtes apothicaire, vous pouvez les broyer afin de concocter des onguants très efficaces.
- Poursuivez, poursuivez... dit le seigneur.
- Pour communiquer, les jomis poussent des sons aussi fascinants que pénibles, tels que des "ho, ho", comme s'ils se donnaient des coups sur le ventre. Dans l'étendue de leur vocabulaire, on notera aussi des grognements, très similaires à ceux des sangliers. Je continue ?
Le capitaine hoche la tête. Adam continue sa lecture à haute voix :
- Les jomis ressemblent à des humains. Ils ont la particularité d'avoir une peau extrêmement épaisse. Parmi leurs points faibles, on notera leurs yeux et leurs oreilles. En combat, pour achever un jomi, le mieux est de concentrer ses attaques au niveau de la cavité située entre les poumons et le ventre. En plein combat, les jomis ont la particularité de concentrer leurs attaques sur leurs ennemis ayant achevé l'un de leurs congénères. Voilà, c'est tout...
- Il est intéressant votre livre, ça vient du château ? demande le roi.
- Ca vient de la librairie de Oniva, répond Adam.
- D'accord... bon... quoi qu'il en soit... voilà ce qu'on va faire. D'abord, on s'occupe des jomis et de ceux qui les accompagnent ; ensuite, on s'occupera des traîtres.
- A vos ordre ! s'exclame Urger. "
Le seigneur fait appeler le maitre pigeonnier. En l'attendant, il réclame de quoi écrire. Adam lui donne un morceau de papier et lui prête la calame et l'encre. Le maître pigeonnier arrive sur place. Le seigneur lui demande de faire transmettre le message, qu'il vient d'écrire, au plus vite au général. Celui-ci se trouve au campement de Jincheu. Ceci fait, il se tourne vers le capitaine :
" Si les jomis sont déjà en route, comme je le pense, il leur reste donc deux jours au maximum avant d'atteindre le château.
- Voulez-vous que j'envoie des éclaireurs ?
- Au plus vite.
- C'est comme si c'était fait, votre grandeur !
- Nous les combattrons sur la route faisant face au lac. Nous positionnerons nos troupes aussi vite que possible.
- Quand arriverons les renforts ?
- Ils seront là demain.
- Je pense que 200 archers devraient suffire.
- C'est aussi ce que je crois. Revenez ici demain autour de midi. Vous pouvez disposer. "
Les trois hommes rentrent à la tour. Le capitaine fait envoyer deux éclaireurs tout en leur ordonnant de revenir à la base à l'instant où ils verront les ennemis. Il octroie également les 200 sous promis à Adam, tout en le félicitant pour son travail de la journée. Après le repas, ce dernier prend possession de son lit tandis qu'on en prête un au survivant de Tchaïdeniz.
--> Adam a une armure en cuir, l'épée d'Osgoth, un arc et un carquois avec 9 flèches en fer, 6 flèches en acier, un livre sur les créatures, le parchemin d'Hector, trois-quart d'une feuille de papier, 90% d'un flacon d'encre, une calame, 4 morceaux de viande séchée, une gourde à moitié remplie, ainsi qu'une bourse contenant 403 sous. Ses faits d'arme : un troll des campagnes, un gobelin migrateur, trois brigands, 2 harpies des marécages.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire