JOUR 9
Au petit matin, le groupe se retrouve dans la salle à manger. Adam s'adresse à Hector :
" Je suis désolé pour votre ami.
- C'était un bon équipier... La mort fait parti des risques. Nous savions tous que cela pouvait arriver.
- Qu'allez-vous faire maintenant ?
- Faire ce que nous avons prévu de faire.
- Et après ?
- Nous aviserons.
- Et pour ce que je vous dois...
- Nous en reparlerons plus tard. "
Le groupe termine son repas puis sort de l'auberge. Les quatre hommes se dirigent d'abord au temple. Le second du prêtre les informe que leur ami a été transféré au cimetière et que le prêtre les y attend pour l'enterrement.
Le groupe se dirige alors au cimetière qui se trouve aux abords du sud de la ville. Un homme seul s'y trouve. Les compères le rejoignent. Il s'agit du prêtre. A leur vue, il s'exprime :
" Votre ami a été mis sous terre il y a quelques minutes. Je vous demande de vous recueillir en silence pendant que je récite les formules qui le conduiront dans l'au-delà.
Hector et ses deux acolytes pleurent sans dire mot. Adam fixe la terre qui vient d'être retournée. Le prêtre poursuit :
- O vie, tu nous as donné un fils, un frère, que nous avons accompagné durant quelques jours, et voilà que tu le rappelles. Nous respectons ta décision. Que cet être puisse reposer en paix, dans le sein de ce qui l'a nourrit. Que nos prières lui soient favorables. "
Quelques instants plus tard, le groupe et le prêtre quittent les lieux. Sur le chemin, le chef s'adresse au prêtre :
" Merci de votre aide.
- Je ne fais que mon devoir, jeune frère.
- Combien vous dois-je ?
- Donnez ce que vous voulez. Voyez cela avec mon second.
- Nous passerons le voir dans la journée.
- A votre guise. "
Leurs chemins se séparent au abords du temple. Le groupe d'hommes se dirige chez le tanneur. Celui-ci s'affaire sur les fourrures des trolls lorsqu'il les voit arriver.
" Bien le bonjour chers visiteurs.
- Bonjour Tanneur, répond le capitaine.
- Vous avez trouvé les gobelins ?
- Oh que oui... Leurs restes sont dans ce sac.
- Bien, bien... Voyons ça.
- Une patte, deux pattes, une corne et deux pattes... huit cornes et douze pattes... soixante-deux cornes et soixante-deux pattes. Je n'en ai jamais vu autant d'un coup.
- Il n'en reste plus un seul aux alentours.
- Tant mieux, tant mieux. Je vais vous régler ce que je vous dois. Alors, on a dit... 100 par corne et 50 par patte... 6200 plus 3100... Très bien, ça nous fait donc 9300 sous. C'est toujours bon pour vous ?
Adam ne peux s'empêcher de prendre la parole :
- On a perdu un compagnon pendant la bataille...
- Je l'ignorais. Pardonnez la légèreté de mes propos, répond le tanneur.
- Vous n'y êtes pour rien. Je pense que ce travail vaut 10 000 sous, réplique Adam.
L'artisan hésite un instant puis dit :
- C'est entendu pour 10 000. "
Le tanneur tend les pièces à Hector qui les met dans sa besace. Après avoir salué l'artisan, le groupe se retrouve à discuter dans la rue. Adam s'adresse au chef :
" J'aurais dû le voir arriver, je suis désolé chef.
- Ne t'en fais pas, c'est comme ça... c'est la vie.
- Pour la chambre d'hier, on n'a pas eu le temps d'en parler...
- Ne t'inquiète pas pour ça non plus, je te l'offre.
- Oh... et bien... comme vous voudrez... merci !
- A propos, pour ton travail d'hier vaut 200 sous.
- Merci...
- Sachant que tu me devais 100, je te passe donc 100 sous. On est quitte ?
- On est quitte !
- Tu es libre de t'en aller si tu le souhaite.
- Si cela ne vous dérange pas, je voudrais rester encore un peu.
- Soit ! "
Le groupe se dirige au temple. A l'intérieur, ils y trouvent le second du prêtre. A celui-ci, Hector donne 1000 sous. Ce dernier les remercie puis les hommes continuent leur chemin.
--> Adam a une épée, 100 sous, un livre sur les créatures. Faits d'arme : un troll des campagne et un gobelin migrateur.
Le groupe se dirige à la taverne. S'ensuit une discussion. Ragnir prend la parole :
" Il faut peut-être que l'on signale les dégâts faits sur le pont, vous ne croyez pas ?
- Ca m'était complètement sorti de l'esprit, dit Sekpa.
- Il est vrai qu'il faudrait remettre celui-ci en état, dit le chef.
- Auprès de qui faut-il s'adresser ? demande Ragnir.
- Je suppose qu'il faut voir cela avec le maire de la ville, répond Hector. Nous irons là-bas en sortant d'ici.
- Et on fait quoi des affaires de Osgoth ? demande Sekpa.
- Si vous n'y voyez pas d'inconvénient, je vais les offrir à Adam, dit Osgoth.
Adam s'étonne. Le chef poursuit :
-Adam, tu as été très courageux lors de la bataille d'hier. Tes parents peuvent être fiers de toi.
- Merci, répond le jeune homme.
- Tu as largement prouvé ta bravoure, c'est pourquoi je te demande d'accepter les présents que voici.
- Je suis d'accord, répond le Ragnir.
- Moi aussi, dit Sekpa.
- Adam, je t'offre l'épée d'Osgoth. C'était son arme préférée et de loin, la plus aboutie de celles dont disposait notre équipe. Elle a été forgée aux confins de l'île, dans un village bordant le volcan du Royaume Sud. Peut-être un jour t'y rendras-tu.
- Merci chef.
- Je t'offre également l'arc et le carquois d'Osgoth. Libre à toi de les garder ou de les vendre.
- Merci.
- Enfin, je t'offre la solde que je lui devais. Ceci afin que tu puisses continuer seul ta quête.
- Ne puis-je pas rester avec vous ?
- Je préfère que cela soit aussi.
- Aurais-je l'occasion de vous revoir ?
- Qui le saurait ? Peut-être que oui, peut-être que non.
- Je peux vous accompagner à l'hôtel de ville ?
- Oui, mais ensuite, tu devras poursuivre seul.
- Et vous ferez quoi de votre côté ?
- J'ai besoin de prendre du recul après ce qu'il vient de se passer. Je pense que nous repartirons d'ici rapidement.
- Bon... "
Le groupe sort de la taverne puis se dirige vers l'édifice central. C'est de là que sont gérées les affaires locales. Les quatre hommes y entrent puis s'adressent à la femme qui se trouve à l'accueil :
" Bonjour, dit le capitaine.
- Bonjour, répond la femme.
- Nous souhaitons rencontrer le maire.
- Que lui-voulez vous ?
- Nous venons lui signaler que le pont nord a été détruit.
- Ah oui, le pont... Des vandales se sont permis de couper les cordes qui le liaient à l'autre rive. On nous en a informé tôt ce matin.
- Ah...
- C'était la seule raison de votre présence ?
- On venait pour s'excuser aussi, dit Sekpa.
- S'excuser ? Pourquoi ?
- C'est nous qui avons coupé les cordes, ajoute Sekpa.
- Mais vous êtes fous ? Pourquoi vous avez fait ça ? s'agasse la femme de l'accueil.
- On a dû s'occuper de gobelins... dit Ragnir.
- Parce qu'en plus, le tas de gobelins éparpillés devant le pont, c'est vous aussi ?
- Heu... Oui, dit Hector.
- Bon, attendez une minute, je vais voir si le maire est disponible. "
Quelques instants plus tard, la femme de la réception revient en compagnie du maire. Celui-ci s'adresse au groupe :
" C'est donc vous les responsables de tout ce remu-ménage ?
- On est venu pour présenter nos excuses et participer aux réparations, dit Hector.
- On s'occupe déjà de la réparation. Par contre, il va falloir que vous payiez ce que vous avez cassé.
- Oui, c'est pour cela que nous sommes là. On vous doit combien ?
- Les réparations se chiffrent à 3000 sous.
- Combien ?
- Vous avez bien entendu. Entre la réfection du pont, le ramassage des gobelins et le nettoyage des lieux, c'est le prix !
- Et bien, soit ! dit Hector "
Le chef règle la note puis le groupe sort de la bâtisse.
" Voilà, c'est l'heure de nous quitter, Adam, annonce le chef.
- Je vous remercie pour tout ce que vous m'avez appris, répond Adam.
- J'espère que ce que tu as appris à nos côtés te sera utile.
- Je n'en doute pas, chef.
Hector tend un parchemin à Adam.
- Qu'est-ce c'est, demande le jeune homme.
- Tu pourras le lire quand bon te semblera.
- D'accord...
Adam commence la lecture mais Hector l'interrompt :
- Mais pas tout de suite...
- Ah, d'accord.
- As-tu une idée de ce que tu vas faire par la suite ?
- Et bien... Euh... Je vais probablement aller revendre mon ancienne épée puis je quitterai Oniva par le nord.
- J'espère que tu trouveras ce que tu cherches.
- Merci. J'espère que l'on se reverra.
- Je l'espère aussi.
- Adieu donc...
- Adieu, brave disciple. "
Après de sincères poignées de mains avec chacun des membres, Adam se sépare du groupe.
--> Adam a une épée en fer, l'épée d'Osgoth, un arc, un carquois, un livre sur les créatures, le parchemin d'Hector et une bourse contenant 600 sous. Ses faits d'arme : un troll des campagnes, un gobelin migrateur.
Adam se retrouve à nouveau seul. Il va chez le forgeron.
" Bonjour Forgeron.
- Bien le bonjour mon garçon.
- Je voudrais vendre cette épée.
- Faites voir...
Le forgeron scrute l'épée puis dit :
- Ca ne vient pas de chez moi. Où vous l'êtes-vous procurée ?
- C'est le forgeron de mon village qui me l'avait fabriquée.
- De quel village viens-tu mon garçon ?
- Je viens d'Ipeastre.
- Ah oui... C'est bien le travail de Gérald.
- Vous le connaissez ?
- Nous suivions la même école. Comment va-t-il ?
- Aux dernières nouvelles, il cherchait un associé.
- C'est bien... passe lui le bonjour de ma part quand tu le verras.
- D'accord.
- Il a fait du bon travail... c'est un matériau des plus communs cependant. Je t'en offre 10 sous.
- Seulement 10 ? Elle m'a coûté 40 sous et je ne m'en suis servit que très peu de fois.
- Je ne peux pas faire mieux mon garçon. Par contre, je vois que tu as une autre épée. Je peux la regarder de plus près ?
Adam lui tend l'épée d'Osgoth. Le forgeron semble intéressé :
- Quelle magnifique arme... la vends-tu ?
- C'était l'épée d'un ami.
- La vends-tu ?
Adam émerge :
- Non !
- Je vois que tu y tiens... c'est probablement un alliage fer et de carbone.
- Heu... Oui, c'est possible.
- Il y a quelque chose d'autre... Est-ce seulement possible ? C'est comme si on n'y avait inclu du verre. Qui l'a forgée, le sais-tu ?
- De ce que je sais, elle a été conçu près d'un volcan.
- De l'obsidienne ! Fantastique ! Celui qui a fabriqué cette arme est un maître.
- Sûrement. On m'a dit beaucoup de bien de cette épée.
- Par contre, je constate quelques traces d'usure.
- Oui, je les ai remarquées aussi.
- Tu dois entretenir ton épée au souvent que possible.
- Je tâcherai de m'en souvenir.
- Si tu me la laisses pour la journée, je te la rendrais demain toute étincelante. Qu'en dis-tu ?
- Heu... d'accord... j'accepte.
- Dans ce cas, à demain.
- Et pour l'autre épée ?
- Ah oui, où avais-je la tête. Voici tes 10 sous.
- Merci. A demain.
- A demain, mon garçon. "
Adam commence à avoir faim. Il se dirige au marché. Ici, de nombreux restaurateurs ambulants propose leurs mets à toutes heures de la journée. Il s'arrête devant un stand.
" Bonjour Monsieur.
- Bonjour visiteur.
- Que préparez-vous ?
- Je prépare des omelettes de ma propre spécialité.
- Allons-y pour une omelette alors.
Adam est subjugué par le spectacle auquel il assiste. Sur une poêle très mince en fonte, le restaurateur mélange de nombreux ingrédients.
- Je ne connaissais pas cette poudre, dit Adam. Qu'est-ce que c'est ?
- C'est pour donner du goût, répond le cuisinier.
- En tout cas, ça sent très bon.
- Vous désirez aussi une boisson ?
- Heu... Oui.
- Essayez la citronnade.
- D'accord, je veux bien.
Pendant la cuisson, le cuisinier rempli la citronnade dans une choppe à l'aide d'une louche.
- Je vous en prie, dit-il.
Adam boit le contenu puis s'exclame :
- C'est excellent ! Je peux en avoir d'autre ?
Le restaurateur sert à nouveau Adam. Quelques minutes plus tard, le repas d'Adam est prêt. L'omelette est servie dans une assiette en bois ; celle-ci est accompagnée d'un morceau de pain.
- Vous pouvez vous asseoir à cette petite table.
Adam pose son plat et sa choppe puis dit :
- Combien je vous dois ?
- 12 sous s'il-vous plaît.
Adam donne l'argent puis mange. Quelques minutes plus tard, il a tout fini. Il se lève puis dit au restaurateur :
- Je vous remercie. C'était très bon.
- Je vous en prie, jeune visiteur.
- Et bien au revoir.
- Au revoir. "
Adam repart. Sur son chemin, il découvre qu'il y a un homme assis sur le sol. Celui-ci lui dit :
" Jeune homme, auriez-vous une pièce ou deux ?
Adam est étonné. C'est la première fois qu'on lui fait ce genre de demande. Il sort 10 sous de sa bourse.
- Voilà pour vous.
- Votre bonté vous honore, jeune homme.
- Pourquoi faites-vous cela ?
- C'est une longue histoire. Une très longue histoire...
- Et vous allez rester ici toute la journée ?
- A moins que les gardes ne m'emmènent, je vais rester ici, oui.
- Que faites-vous de mal ?
- Rien.
- Alors pourquoi dites-vous que les gardes pourraient vous emmener ?
- Parce qu'ils peuvent estimer que j'importune les gens.
- Oh, mais, vous ne m'importunez pas, rassurez-vous.
- Que votre gentillesse vous emmène loin dans la vie, jeune homme.
- Vous m'avez l'air gentil, vous aussi.
- Merci de votre compliment, cela me fait du bien.
- Comment se fait-il que vous soyiez gentil mais que vous vous trouviez dans cette difficulté ?
- La gentillesse ne fait pas tout, mon bon jeune homme.
- Qu'est-ce qui fait le reste ?
- Tellement de choses...
- Qu'est-ce qui vous est arrivé ?
- Je ne veux pas vous importuner avec mes problèmes.
- Avez-vous déjeuné ?
- C'est que ...
- Je vais vous chercher quelque chose à manger. Ne bougez pas d'ici. "
Vingt minutes plus tard, Adam revient avec une assiette d'omelette et une choppe de citronnade.
" C'est pour vous.
- Votre générosité vous honore. Je ne sais pas comment vous remercier.
- Je vous laisse le temps de vous restaurer. Je reviens dans un instant.
- Et bien... Heu... D'accord. "
Adam revient quelques instants plus tard. Il s'adresse à l'homme qui a, semble-t-il, apprécié le repas.
" Vous vivez dans une très belle cité.
- Oui, c'est ce qu'en disent les visiteurs d'Oniva généralement.
- Et vous, qu'en pensez-vous ?
- Vous savez, moi, j'y suis habitué.
- Je commence à fatiguer à rester debout, vous connaissez un endroit où l'on pourrait s'asseoir ?
- Je ne sais pas... Peut-être la taverne...
- Allons à la taverne.
- Si vous voulez... "
L'homme se lève et les deux se dirigent à la taverne. Sur le chemin, ils en profitent pour rendre l'assiette et la choppe au monsieur du stand de restauration.
--> Adam a l'épée d'Osgoth, un arc, un carquois, un livre sur les créatures, le parchemin d'Hector et une bourse contenant 578 sous. Ses faits d'arme : un troll des campagnes, un gobelin migrateur.
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