Jour 9

 JOUR 9

Au petit matin, le groupe se retrouve dans la salle à manger. Adam s'adresse à Hector : 

" Je suis désolé pour votre ami. 

- C'était un bon équipier... La mort fait parti des risques. Nous savions tous que cela pouvait arriver. 

- Qu'allez-vous faire maintenant ? 

- Faire ce que nous avons prévu de faire. 

- Et après ? 

- Nous aviserons. 

- Et pour ce que je vous dois...

- Nous en reparlerons plus tard. "

Le groupe termine son repas puis sort de l'auberge. Les quatre hommes se dirigent d'abord au temple. Le second du prêtre les informe que leur ami a été transféré au cimetière et que le prêtre les y attend pour l'enterrement. 

Le groupe se dirige alors au cimetière qui se trouve aux abords du sud de la ville. Un homme seul s'y trouve. Les compères le rejoignent. Il s'agit du prêtre. A leur vue, il s'exprime : 

" Votre ami a été mis sous terre il y a quelques minutes. Je vous demande de vous recueillir en silence pendant que je récite les formules qui le conduiront dans l'au-delà. 

Hector et ses deux acolytes pleurent sans dire mot. Adam fixe la terre qui vient d'être retournée. Le prêtre poursuit : 

- O vie, tu nous as donné un fils, un frère, que nous avons accompagné durant quelques jours, et voilà que tu le rappelles. Nous respectons ta décision. Que cet être puisse reposer en paix, dans le sein de ce qui l'a nourrit. Que nos prières lui soient favorables. "


Quelques instants plus tard, le groupe et le prêtre quittent les lieux. Sur le chemin, le chef s'adresse au prêtre : 

" Merci de votre aide.

- Je ne fais que mon devoir, jeune frère. 

- Combien vous dois-je ? 

- Donnez ce que vous voulez. Voyez cela avec mon second. 

- Nous passerons le voir dans la journée. 

- A votre guise. "

Leurs chemins se séparent au abords du temple. Le groupe d'hommes se dirige chez le tanneur. Celui-ci s'affaire sur les fourrures des trolls lorsqu'il les voit arriver. 

" Bien le bonjour chers visiteurs. 

- Bonjour Tanneur, répond le capitaine. 

- Vous avez trouvé les gobelins ? 

- Oh que oui... Leurs restes sont dans ce sac. 

- Bien, bien... Voyons ça.

- Une patte, deux pattes, une corne et deux pattes... huit cornes et douze pattes... soixante-deux cornes et soixante-deux pattes. Je n'en ai jamais vu autant d'un coup. 

- Il n'en reste plus un seul aux alentours. 

- Tant mieux, tant mieux. Je vais vous régler ce que je vous dois. Alors, on a dit... 100 par corne et 50 par patte... 6200 plus 3100... Très bien, ça nous fait donc 9300 sous. C'est toujours bon pour vous ? 

Adam ne peux s'empêcher de prendre la parole : 

- On a perdu un compagnon pendant la bataille...

- Je l'ignorais. Pardonnez la légèreté de mes propos, répond le tanneur.

- Vous n'y êtes pour rien. Je pense que ce travail vaut 10 000 sous, réplique Adam. 

L'artisan hésite un instant puis dit : 

- C'est entendu pour 10 000. "

Le tanneur tend les pièces à Hector qui les met dans sa besace. Après avoir salué l'artisan, le groupe se retrouve à discuter dans la rue. Adam s'adresse au chef : 

" J'aurais dû le voir arriver, je suis désolé chef. 

- Ne t'en fais pas, c'est comme ça... c'est la vie. 

- Pour la chambre d'hier, on n'a pas eu le temps d'en parler...

- Ne t'inquiète pas pour ça non plus, je te l'offre. 

- Oh... et bien... comme vous voudrez... merci !

- A propos, pour ton travail d'hier vaut 200 sous. 

- Merci...

- Sachant que tu me devais 100, je te passe donc 100 sous. On est quitte ? 

- On est quitte !

- Tu es libre de t'en aller si tu le souhaite. 

- Si cela ne vous dérange pas, je voudrais rester encore un peu. 

- Soit ! "

Le groupe se dirige au temple. A l'intérieur, ils y trouvent le second du prêtre. A celui-ci, Hector donne 1000 sous. Ce dernier les remercie puis les hommes continuent leur chemin. 

--> Adam a une épée, 100 sous, un livre sur les créatures. Faits d'arme : un troll des campagne et un gobelin migrateur.

Le groupe se dirige à la taverne. S'ensuit une discussion. Ragnir prend la parole :

" Il faut peut-être que l'on signale les dégâts faits sur le pont, vous ne croyez pas ? 

- Ca m'était complètement sorti de l'esprit, dit Sekpa. 

- Il est vrai qu'il faudrait remettre celui-ci en état, dit le chef. 

- Auprès de qui faut-il s'adresser ? demande Ragnir. 

- Je suppose qu'il faut voir cela avec le maire de la ville, répond Hector. Nous irons là-bas en sortant d'ici. 

- Et on fait quoi des affaires de Osgoth ? demande Sekpa.

- Si vous n'y voyez pas d'inconvénient, je vais les offrir à Adam, dit Osgoth. 

Adam s'étonne. Le chef poursuit : 

-Adam, tu as été très courageux lors de la bataille d'hier. Tes parents peuvent être fiers de toi. 

- Merci, répond le jeune homme. 

- Tu as largement prouvé ta bravoure, c'est pourquoi je te demande d'accepter les présents que voici. 

- Je suis d'accord, répond le Ragnir. 

- Moi aussi, dit Sekpa. 

- Adam, je t'offre l'épée d'Osgoth. C'était son arme préférée et de loin, la plus aboutie de celles dont disposait notre équipe. Elle a été forgée aux confins de l'île, dans un village bordant le volcan du Royaume Sud. Peut-être un jour t'y rendras-tu. 

- Merci chef. 

- Je t'offre également l'arc et le carquois d'Osgoth. Libre à toi de les garder ou de les vendre. 

- Merci. 

- Enfin, je t'offre la solde que je lui devais. Ceci afin que tu puisses continuer seul ta quête. 

- Ne puis-je pas rester avec vous ? 

- Je préfère que cela soit aussi.

- Aurais-je l'occasion de vous revoir ? 

- Qui le saurait ? Peut-être que oui, peut-être que non. 

- Je peux vous accompagner à l'hôtel de ville ? 

- Oui, mais ensuite, tu devras poursuivre seul. 

- Et vous ferez quoi de votre côté ? 

- J'ai besoin de prendre du recul après ce qu'il vient de se passer. Je pense que nous repartirons d'ici rapidement.

- Bon... "

Le groupe sort de la taverne puis se dirige vers l'édifice central. C'est de là que sont gérées les affaires locales. Les quatre hommes y entrent puis s'adressent à la femme qui se trouve à l'accueil :

" Bonjour, dit le capitaine. 

- Bonjour, répond la femme. 

- Nous souhaitons rencontrer le maire. 

- Que lui-voulez vous ? 

- Nous venons lui signaler que le pont nord a été détruit. 

- Ah oui, le pont... Des vandales se sont permis de couper les cordes qui le liaient à l'autre rive. On nous en a informé tôt ce matin. 

- Ah...

- C'était la seule raison de votre présence ?

- On venait pour s'excuser aussi, dit Sekpa. 

- S'excuser ? Pourquoi ? 

- C'est nous qui avons coupé les cordes, ajoute Sekpa.

- Mais vous êtes fous ? Pourquoi vous avez fait ça ? s'agasse la femme de l'accueil.

- On a dû s'occuper de gobelins... dit Ragnir.

- Parce qu'en plus, le tas de gobelins éparpillés devant le pont, c'est vous aussi ? 

- Heu... Oui, dit Hector.

- Bon, attendez une minute, je vais voir si le maire est disponible. "

Quelques instants plus tard, la femme de la réception revient en compagnie du maire. Celui-ci s'adresse au groupe : 

" C'est donc vous les responsables de tout ce remu-ménage ? 

- On est venu pour présenter nos excuses et participer aux réparations, dit Hector. 

- On s'occupe déjà de la réparation. Par contre, il va falloir que vous payiez ce que vous avez cassé.

- Oui, c'est pour cela que nous sommes là. On vous doit combien ? 

- Les réparations se chiffrent à 3000 sous. 

- Combien ? 

- Vous avez bien entendu. Entre la réfection du pont, le ramassage des gobelins et le nettoyage des lieux, c'est le prix !

- Et bien, soit ! dit Hector "

Le chef règle la note puis le groupe sort de la bâtisse. 

" Voilà, c'est l'heure de nous quitter, Adam, annonce le chef. 

- Je vous remercie pour tout ce que vous m'avez appris, répond Adam. 

- J'espère que ce que tu as appris à nos côtés te sera utile. 

- Je n'en doute pas, chef. 

Hector tend un parchemin à Adam.

- Qu'est-ce c'est, demande le jeune homme.

- Tu pourras le lire quand bon te semblera. 

- D'accord...

Adam commence la lecture mais Hector l'interrompt : 

- Mais pas tout de suite...

- Ah, d'accord.

- As-tu une idée de ce que tu vas faire par la suite ?

- Et bien... Euh... Je vais probablement aller revendre mon ancienne épée puis je quitterai Oniva par le nord.

- J'espère que tu trouveras ce que tu cherches.

- Merci. J'espère que l'on se reverra. 

- Je l'espère aussi. 

- Adieu donc... 

- Adieu, brave disciple. "

Après de sincères poignées de mains avec chacun des membres, Adam se sépare du groupe.


--> Adam a une épée en fer, l'épée d'Osgoth, un arc, un carquois, un livre sur les créatures, le parchemin d'Hector et une bourse contenant 600 sous. Ses faits d'arme : un troll des campagnes, un gobelin migrateur. 

Adam se retrouve à nouveau seul. Il va chez le forgeron. 

" Bonjour Forgeron. 

- Bien le bonjour mon garçon.

- Je voudrais vendre cette épée. 

- Faites voir...

Le forgeron scrute l'épée puis dit : 

- Ca ne vient pas de chez moi. Où vous l'êtes-vous procurée ? 

- C'est le forgeron de mon village qui me l'avait fabriquée. 

- De quel village viens-tu mon garçon ? 

- Je viens d'Ipeastre. 

- Ah oui... C'est bien le travail de Gérald.

- Vous le connaissez ? 

- Nous suivions la même école. Comment va-t-il ? 

- Aux dernières nouvelles, il cherchait un associé. 

- C'est bien... passe lui le bonjour de ma part quand tu le verras. 

- D'accord. 

- Il a fait du bon travail... c'est un matériau des plus communs cependant. Je t'en offre 10 sous. 

- Seulement 10 ? Elle m'a coûté 40 sous et je ne m'en suis servit que très peu de fois. 

- Je ne peux pas faire mieux mon garçon. Par contre, je vois que tu as une autre épée. Je peux la regarder de plus près ? 

Adam lui tend l'épée d'Osgoth. Le forgeron semble intéressé : 

- Quelle magnifique arme... la vends-tu ?

- C'était l'épée d'un ami. 

- La vends-tu ? 

Adam émerge :

- Non !

- Je vois que tu y tiens... c'est probablement un alliage fer et de carbone.

- Heu... Oui, c'est possible. 

- Il y a quelque chose d'autre... Est-ce seulement possible ? C'est comme si on n'y avait inclu du verre. Qui l'a forgée, le sais-tu ? 

- De ce que je sais, elle a été conçu près d'un volcan. 

- De l'obsidienne ! Fantastique ! Celui qui a fabriqué cette arme est un maître. 

- Sûrement. On m'a dit beaucoup de bien de cette épée.

- Par contre, je constate quelques traces d'usure. 

- Oui, je les ai remarquées aussi. 

- Tu dois entretenir ton épée au souvent que possible. 

- Je tâcherai de m'en souvenir. 

- Si tu me la laisses pour la journée, je te la rendrais demain toute étincelante. Qu'en dis-tu ? 

- Heu... d'accord... j'accepte. 

- Dans ce cas, à demain. 

- Et pour l'autre épée ? 

- Ah oui, où avais-je la tête. Voici tes 10 sous. 

- Merci. A demain.

- A demain, mon garçon. "

Adam commence à avoir faim. Il se dirige au marché. Ici, de nombreux restaurateurs ambulants propose leurs mets à toutes heures de la journée. Il s'arrête devant un stand. 

" Bonjour Monsieur. 

- Bonjour visiteur.

- Que préparez-vous ? 

- Je prépare des omelettes de ma propre spécialité. 

- Allons-y pour une omelette alors. 

Adam est subjugué par le spectacle auquel il assiste. Sur une poêle très mince en fonte, le restaurateur mélange de nombreux ingrédients. 

- Je ne connaissais pas cette poudre, dit Adam. Qu'est-ce que c'est ? 

- C'est pour donner du goût, répond le cuisinier. 

- En tout cas, ça sent très bon. 

- Vous désirez aussi une boisson ? 

- Heu... Oui. 

- Essayez la citronnade. 

- D'accord, je veux bien. 

Pendant la cuisson, le cuisinier rempli la citronnade dans une choppe à l'aide d'une louche. 

- Je vous en prie, dit-il. 

Adam boit le contenu puis s'exclame : 

- C'est excellent ! Je peux en avoir d'autre ? 

Le restaurateur sert à nouveau Adam. Quelques minutes plus tard, le repas d'Adam est prêt. L'omelette est servie dans une assiette en bois ; celle-ci est accompagnée d'un morceau de pain. 

- Vous pouvez vous asseoir à cette petite table. 

Adam pose son plat et sa choppe puis dit : 

- Combien je vous dois ? 

- 12 sous s'il-vous plaît. 

Adam donne l'argent puis mange. Quelques minutes plus tard, il a tout fini. Il se lève puis dit au restaurateur : 

- Je vous remercie. C'était très bon. 

- Je vous en prie, jeune visiteur. 

- Et bien au revoir. 

- Au revoir. "

Adam repart. Sur son chemin, il découvre qu'il y a un homme assis sur le sol. Celui-ci lui dit : 

" Jeune homme, auriez-vous une pièce ou deux ? 

Adam est étonné. C'est la première fois qu'on lui fait ce genre de demande. Il sort 10 sous de sa bourse. 

- Voilà pour vous.

- Votre bonté vous honore, jeune homme. 

- Pourquoi faites-vous cela ? 

- C'est une longue histoire. Une très longue histoire...

- Et vous allez rester ici toute la journée ?

- A moins que les gardes ne m'emmènent, je vais rester ici, oui. 

- Que faites-vous de mal ? 

- Rien. 

- Alors pourquoi dites-vous que les gardes pourraient vous emmener ? 

- Parce qu'ils peuvent estimer que j'importune les gens. 

- Oh, mais, vous ne m'importunez pas, rassurez-vous. 

- Que votre gentillesse vous emmène loin dans la vie, jeune homme. 

- Vous m'avez l'air gentil, vous aussi. 

- Merci de votre compliment, cela me fait du bien. 

- Comment se fait-il que vous soyiez gentil mais que vous vous trouviez dans cette difficulté ? 

- La gentillesse ne fait pas tout, mon bon jeune homme. 

- Qu'est-ce qui fait le reste ? 

- Tellement de choses...

- Qu'est-ce qui vous est arrivé ? 

- Je ne veux pas vous importuner avec mes problèmes. 

- Avez-vous déjeuné ? 

- C'est que ...

- Je vais vous chercher quelque chose à manger. Ne bougez pas d'ici. "

Vingt minutes plus tard, Adam revient avec une assiette d'omelette et une choppe de citronnade. 

" C'est pour vous. 

- Votre générosité vous honore. Je ne sais pas comment vous remercier. 

- Je vous laisse le temps de vous restaurer. Je reviens dans un instant. 

- Et bien... Heu... D'accord. "

Adam revient quelques instants plus tard. Il s'adresse à l'homme qui a, semble-t-il, apprécié le repas. 

" Vous vivez dans une très belle cité. 

- Oui, c'est ce qu'en disent les visiteurs d'Oniva généralement. 

- Et vous, qu'en pensez-vous ? 

- Vous savez, moi, j'y suis habitué. 

- Je commence à fatiguer à rester debout, vous connaissez un endroit où l'on pourrait s'asseoir ? 

- Je ne sais pas... Peut-être la taverne...

- Allons à la taverne. 

- Si vous voulez... "


L'homme se lève et les deux se dirigent à la taverne. Sur le chemin, ils en profitent pour rendre l'assiette et la choppe au monsieur du stand de restauration. 


--> Adam a l'épée d'Osgoth, un arc, un carquois, un livre sur les créatures, le parchemin d'Hector et une bourse contenant 578 sous. Ses faits d'arme : un troll des campagnes, un gobelin migrateur. 


Les deux hommes prennent place à une table.
" Pour parler, c'est quand même mieux ici ! dit Adam. 
- Vous savez, je n'ai pas grand chose à raconter.
- Pour tout vous dire, j'ai tout mon temps. 
- C'est que je dois retourner là-bas. 
- Mais pourquoi donc ? 
- Des gens risquent de passer, vous comprenez ? 
- Oh ! Je vois. 
L'homme reste silencieux. Adam reprend : 
- C'est comme un travail, au final, non ? 
- Ah ah ah... Oui, on peut voir ça comme ça. 
- Ca vous rapporte beaucoup ? 
- Ca dépend des jours.
- Ca rapporte combien une journée entière ? 
- Les meilleurs jours, ça peut rapporter 20, ou 25 sous. 
- Et les pires ? 
- Rien du tout. 
- Et vous vivez où ?
- Ca dépend des jours. Le plus souvent, c'est à la belle étoile. 
- C'est affreux ! Vous faites comment quand il neige ? 
- Quand il fait trop froid, je dors dans le temple. Le prêtre nous y autorise en hiver. 
- Quelle personne incroyable. Et vous faites quelque chose pour lui, en retour ? 
- Oui. Nous l'aidons pour le ménage au temple par exemple. Nous portons les défunts aussi, nous creusons des tombes quand il nous le demande. 
- Vous étiez au cimetière ce matin ? 
- Oui... comment vous savez ça ?
- C'était pour un compagnon...
- Je suis désolé... 
- C'est comme ça, que voulez-vous... "

La discussion est interrompue par une dame : 
" Que voulez-vous que l'on vous serve ? 
Adam demande à l'homme ce qu'il veut. Celui-ci répond : 
- Une locale pour moi.
- Une locale ? demande Adam. C'est quoi ? 
- C'est de la bière produite près d'ici. 
- Ah oui ? Et bien, une locale pour moi aussi, répond le jeune homme.
- Ca arrive dans deux minutes, annonce la dame, qui repart derrière le comptoir. 
L'homme réagit : 
- Vous allez voir, elle est excellente. 
- Je veux bien vous croire...
- C'est l'une des spécialités du coin. Vous devriez visiter la brasserie si vous en trouvez l'occasion. 
- Oui, pourquoi pas... 
- Et vous venez d'où ?
- Je viens d'Ipeastre. 
- Ah oui, je vois, je n'y suis jamais allé. Et qu'êtes vous venu faire dans les parages ? 
- Avec des amis, nous chassions les monstres qui rôdent dans le coin...
- Je suppose que c'est pendant l'une de ces sorties que votre ami...
- Oui. 
- Quel triste sort. Agir pour la bonne cause et succomber pour elle...
- Si on a pu améliorer la sécurité des citadins, alors sa mort n'aura pas été vaine. "
La dame revient et pose sur la table deux choppes remplies de locale. 
" Cela vous fera 10 sous, s'il-vous plaît, dit-elle.
Adam s'empresse de régler la note. 
- Merci, rajoute-t-elle. 
- Merci, disent les deux clients. 
- A la vôtre, s'exclame l'homme. 
- A la vôtre, réagit Adam. 
Quelques instants de silence plus tard, l'invité d'Adam demande :
- Alors ?
- Pour tout vous dire, c'est la première fois que j'en bois. Je n'aurais jamais deviné le goût que ça pouvait avoir. 
- Ah ! Vous n'avez pas aimé ? 
- Si, si !
- Il n'y a pas de mal vous savez. Comment vous avez trouvé la locale ? 
- Et bien, c'est amère.
- Ah ah ah ! Il y en a qui rajoutent du miel dedans. Moi, je la préfère nature. 
- Et sinon, vous ne m'avez pas dit...
- Quoi donc ? 
- Qu'est-ce qui vous a amené à faire ce travail ?
-Vous savez, je n'ai pas toujours été comme ça. 
- Vous faisiez quoi avant ? 
- Avant, j'étais taquier. 
- Taquier ? 
- Je réparais des bateaux. 
- Et pourquoi vous avez arrêté ? 
- Quand le niveau de l'eau a baissé, les bâteaux ne sont plus passé. Mon activité a décliné et petit a petit, je me suis appauvri. 
- Pourquoi ne pas avoir changé de métier ? 
- Vous savez, j'aimais beaucoup mon métier. Un jour, je suis tombé malade... C'est sûrement parce que j'y pensais trop ! J'attendais les bateaux... je ne faisais que ça... j'attendais les bateaux... et la suite, vous la connaissez. 
- Comment vous expliquez cette baisse ? 
- On dit qu'en amont, quelqu'un a fait détourner le cours. 
- Vous n'êtes pas allé vérifier ? 
- Oh ça non. J'étais trop en colère. J'aurais pu, j'aurais pu... enfin bref. 
- Vous avez des rêves ? 
- Des rêves ? Ah ah ah. Ca fait longtemps que je ne rêve plus.
- Vous devez faire autre chose, vous ne pouvez pas continuer à faire ce que vous faites. 
- Et pourquoi pas ? 
- Vous devez retrouver quelque chose qui puisse vous permettre de vivre dans votre chez vous, un vrai chez vous. 
- Je ne saurais quoi faire d'autre...
- Reconvertissez-vous !
- Que voulez-vous dire ? 
- Vous répariez des bâteaux... Et bien réparez des charpentes, des maisons...
- J'y avais pensé à l'époque mais...
- Vous étiez malade à l'époque. Et ça peut se comprendre. Mais maintenant que ça va mieux, vous pourriez reprendre ce projet, qu'en dites-vous ? 
- C'est vrai que parfois je fais des petites réparations au temple. 
- Et bien voilà. Vous n'avez donc pas perdu la main. Regardez ! Encore ce matin, on avait besoin de bras pour réparer le pont nord de la ville. Si mes estimations sont bonnes, ça devait bien rapporter 100 sous par homme. 
- 100 sous dites-vous ? 
- Vous pourriez vous faire aider par ceux que vous connaissez. Dans les maisons ou dans la ville, il y a forcément du travail régulier qui requiert vos compétences. Qu'en dites-vous ?
- Vous avez raison, je dois me ressaisir. 
- Savez-vous écrire ? 
- Non. 
- Voilà ce que je vais faire. Je vais aller chercher quelques morceaux de parchemins sur lesquels je vais écrire que vous proposez vos services. 
- D'accord !
- Où peut-on vous trouver facilement ? 
- Aux abords du temple.
- Et bien voilà. Nous allons mettre une affiche à la taverne, et une autre à la mairie. Avec le temps, le bouche à oreille fera le reste. On fait comme ça ? 
- Faisons comme ça. 
- A propos, vous vous apellez comment ? 
- Serge. Et vous ? 
- Adam."
Adam et Serge sortent de la taverne. Ils s'en vont chez le tanneur. 
" Rebonjour Tanneur, dit Adam.
- Rebonjour cher voyageur.
- J'ai besoin d'un petit morceau de parchemin et de quoi écrire. Vous pourriez me fournir ? 
- Pourquoi ne pas aller à la librairie ? Ils pourront vous rendre ce service. 
- C'est vrai que je n'y avait pas pensé... Vous pourriez me céder l'une de vos chutes déjà travaillées ? 
- Et bien... si... vous voulez... 
- Je vous l'achète, ne vous en faites pas. 
- Bon... Vous vouliez écrire quelque chose en particulier ? 
- Oui. Vous avez une plume et de l'encre ? 
- Heu... oui... je vais vous chercher ça. 
Un instant plus tard, le tanneur revient avec le matériel demandé. Adam coupe le parchemin en deux puis écrit : " Pour vos travaux et réparations en lien avec le bois, contactez Serge. Voir au temple ". Il fait de même avec l'autre. Ceci fait, il se tourne vers le tanneur : 
- Combien nous vous devons-nous ? 
- Je ne sais pas trop... Disons 10 sous, répond l'artisan.
Serge tend les pièces et remercie le tanneur.
- Merci de votre accueil, dit Serge. 
- Merci à vous, répond le tanneur. "
Adam et Serge sortent de la boutique puis se dirigent à l'hôtel de ville. Adam demande l'autorisation d'afficher l'un des morceaux de parchemin. On le reconnait puis on lui accorde cette faveur. La femme de l'accueil s'en charge. Les deux compères se dirigent ensuite à la taverne et font de même. Là-bas aussi, on leur accorde. 
Ceci fait, c'est presque la fin de la journée. Ils se trouvent au milieu de la rue, face à la taverne : 
" Voilà une bonne chose de faite, dit Adam. 
- Je ne sais pas quoi vous dire... On ne se connait pas et vous avez tant fait pour moi...
- Cela m'a fait plaisir de vous aider. 
- Vraiment, merci beaucoup. 
- J'espère qu'on vous réussirez. 
- Qu'allez-vous faire, vous ?
- J'ai encore une ou deux affaires à régler et puis je continuerai ma quête. 
- Vous reviendrez dans le coin, un de ces quatre ?
- Je ne sais pas, c'est possible.
- La prochaine fois, c'est moi qui vous inviterai. 
- J'y compte bien ! "
Les deux hommes se mettent à rire, se saluent et Adam prend la direction de l'auberge. 

--> Adam a l'épée d'Osgoth, un arc, un carquois, un livre sur les créatures, le parchemin d'Hector et une bourse contenant 568 sous. Ses faits d'arme : un troll des campagnes, un gobelin migrateur. 

Adam va à l'auberge. Il s'adresse au patron de l'établissement: 
" Bonsoir, vous me reconnaissez ? 
- Bonsoir, voyageur. Vos amis ne sont pas avec vous, aujourd'hui ? 
- Peut-être passeront-ils plus tard. 
- Une chambre et deux repas... c'est bien ça ? 
- Oui. "
Adam tend les 70 sous. L'aubergiste lui montre sa chambre. Le jeune homme s'asseoit sur le rebord de son lit, ouvre son sac et en sort le parchemin qu'Hector lui avait donné. En voici le contenu :

" Bonjour Adam. Je te prie de me pardonner... pour les dangers que je t'ai fait courir. Je ne l'ai réalisé que lorsque nous avons perdu Osgoth. J'ai pris la décison de de te faire quitter le groupe car je ne veux pas avoir ta perte sur la conscience dans le cas où celà devait arriver. Tu dois savoir qu'à une époque, j'étais le général d'une troupe qui a été décimée. Les hommes qui m'accompagnaient étaient les survivants de cette tragédie. Je m'étais juré ne pas leur faire prendre de risques incensés mais j'y ai failli. J'espère que tu comprends ma décision. A nous trois, nous quitterons la ville et retournerons dans notre Royaume. Peut-être nous reverrons-nous un jour... Soit prudent mon jeune ami. Hector. "
Adam range le parchemin, barre sa porte puis rejoint la salle des repas. A-t-il à peine entamé son souper qu'un homme demande s'il peut s'asseoir à la même table. Le jeune homme accepte. L'invité pose son repas et s'installe face à lui. Quelques minutes plus tard, l'étranger interrompt le silence : 
" Vous non plus, vous n'êtes pas d'ici ? 
- Je viens d'un village qui se trouve à une journée et demi de marche d'ici. Et vous ? 
- Je viens du Royaume Sud. 
- Ah oui ? Qu'êtes vous venu faire dans les parages ? 
- Je recherche des amis. 
- Ils sont de cette ville ? 
- Non. Ils viennent du même endroit que moi.
- Je peux peut-être vous aider. A quoi ressemblent-ils ? 
- Ils sont quatre. L'un est grand, il porte une barbe et...
- Ah mais oui ! Je les connais !
- Vous les avez vu ? 
- Vous parlez d'Hector et de ses coéquipiers ? 
- C'est tout à fait ça. Où puis-je les trouver ? 
- Je suis désolé... Osgoth est mort...
- Osgoth ? Non ! Pas lui ! Que s'est-il passé ? 
- Ca s'est passé lors d'une bataille contre des gobelins. 
- Mon cher ami... Mon pauvre Osgoth... Que son âme son bien guidée...
- Nous l'avons enterré au cimetière de la ville. 
- J'irai dès que possible.
- On n'a rien pu faire, je suis navré. 
- Et Hector ? Et les autres ? 
- Ils sont repartis. 
- Vous ont-ils dit où ils allaient ?
- Aux dernière nouvelles, ils disaient qu'ils rentraient au pays. 
- Je vois...
- Vous aussi, vous faisiez parti de son armée ? 
- Il vous a raconté son histoire ? 
- Oh... très peu... je pense qu'il n'aimait pas trop parler de lui. Vous étiez l'un de ses soldats ?
- Oui.
- Que s'est-il passé ? Vous pouvez m'expliquer ? 
- Durant la bataille, le volcan s'est réveillé et a dispersé nos troupes. La plupart des nôtres y sont restés. 
- C'est donc celà qu'il voulait dire...
- Quoi donc ? 
- Que sa troupe avait été décimé...
- J'ai survécu moi aussi, ne vous a-t-il pas parlé de moi ? 
- Il ne me semble pas, non...
- Je le comprend. C'était l'enfer de l'autre côté !
- Vous avez fuit l'endroit à ses côtés ? 
- Oui. Mais nous avons pris des chemins différents, en nous promettant de nous retrouver dans la ville la plus proche de la frontière.
- Oh... je vois.
- Savez-vous pourquoi il a décidé de rentrer ?
- Je ne sais pas trop. Je pense qu'il a regretté d'être venu.
- Je vais essayer de les retrouver. Quand sont-ils repartis ? 
- S'il ne passent pas à l'auberge ce soir, c'est qu'ils sont partis aujourd'hui. 
- D'accord.
- Si vous les retrouvez, passez-leur le bonjour. 
- Je n'y manquerai pas. Comment vous nommez-vous ? 
- Je m'appelle Adam. 
- Ravi de vous avoir rencontré Adam. Je repars sur le champ.
- Au revoir. "

Son repas n'est pas encore terminé que l'étranger quitte la table et sort de l'établissement. 
Adam finit de souper puis se dirige dans sa chambre. Il repense à la discussion qu'il vient d'avoir. Quelque chose lui paraît comme anormal. Hector semble avoir dit qu'ils n'étaient que quatre survivants. Or cet homme s'est présenté comme rescapé de l'irruption. En outre, il dit avoir quitté les lieux en compagnie des autres hommes.  De plus, il a dit qu'ils sétaient jurés de se retrouver de l'autre côté de la frontière. Adam se demande : " Pourquoi Hector ne l'a-t-il pas attendu ? "
Adam s'endort. 


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